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Des portes du désert, les dromadaires s’en sont allés. Ils cherchent le bleu, ils cherchent l’oiseau. Une grande marche a démarré, une traversée. Leurs longues jambes, comme au ralenti, avalent les dunes sans un bruit. Quelques jours avant, ils ont vu l’oiseau. Signe de l’eau. La journée, ils cheminent d’un pas lancinant. La caravane avance sous un soleil écrasant dans une lumière éblouissante et dorée. Ils croisent un buisson, un scorpion, un serpent qui laisse une ligne tortueuse dans le sable. La nuit, ils avancent sous des milliards d’étoiles dans les dunes bleutées. Ils sortent du désert à l’aurore, sous le chant des dunes rosies par la lumière de l’aube. Puis l’air arrive, le vent, le bruit des vagues. La mer. A nouveau, le son des oiseaux. Et celui des galets qui roulent sous les pieds. La mouette est là, elle les attend. Le sol devient rocailleux, la poudre du sol et l’éclat de la mer se rejoignent. C’est là qu’ils s’installeront. Près des racines de l’eucalyptus, près des cœurs enfouis. Tente berbère ou mur de pisé. Des tapis épais pour les nuits fraîches et l’ombre des mamounis pour les chaudes journées. La mer enfin, son vent ses embruns. La barque bleue du pêcheur. Les pierres polies par les vagues. Blanches, vertes, aubergines. La saveur de citron confit d’un tajine parfume l’air du soir. Le temps ne s’est pas arrêté, il a un peu ralenti.